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  • lundi 9 décembre 2013

    Une refonte du statut juridique de l'animal s'impose, mais ne suffira pas - Aymeric Caron

    A lire dans LE POINT décembre 2013, dossier spécial sur LES ANIMAUX, intelligence, émotion : les incroyables découvertes.

    Ci-dessous, dans ce dossier se trouve l'article d'Aymeric Caron, journaliste et auteur de "no steak".


    Vingt-quatre personnalités françaises de la philosophie, des sciences et de la littérature viennent de faire paraître un manifeste dans lequel ils réclament un nouveau statut juridique pour l’animal. Ils s’insurgent contre le code civil qui considèrerait les animaux comme des choses et exigent que leur statut d’« êtres vivants et sensibles» soit reconnu.
    On ne peut évidemment que se réjouir de cette mobilisation qui témoigne d’un salutaire et progressif éveil des consciences en faveur des droits des animaux. Malheureusement, il faut également douter de l’efficacité de la revendication affichée.


    En effet, le droit français reconnaît déjà la sensibilité de l’animal : celle-ci est clairement notifiée dans le code rural et le code pénal. C’est bien pour cela que les tribunaux prononcent régulièrement des condamnations pour mauvais traitements ou actes de cruauté.


    Par ailleurs il est inexact d’affirmer, comme on a pu l’entendre récemment, que le code civil rabaisse l’animal au rang de chose, à savoir à une pièce de mobilier, au même titre qu’une chaise ou une table. Il s’agit là d’un contresens. Certes, le code civil place l’animal dans la catégorie des «biens » et précise que les animaux sont « meubles par nature ». Mais dans cette expression, le mot « meuble » renvoie au caractère mobile de l’animal, qui peut être déplacé ou se déplacer par lui-même. D’ailleurs le code civil précise que l’animal peut également être un bien « immeuble » dans certaines circonstances. Le substantif « bien » souligne quant à lui le fait que cet animal a une valeur financière et qu’il peut avoir un propriétaire, ce qui est conforme à la réalité, puisque les bêtes sont l’objet de transactions commerciales. On les achète, on les vend, on spécule sur le prix de leur chair.


    Et c’est bien là que réside en réalité le problème : tant que les animaux continueront à être des marchandises produites et échangées, au même titre que des tee-shirts ou des voitures, leur sort ne pourra s’améliorer. Tant que notre morale ne réprouvera pas le commerce d’êtres « vivants et sensibles», le sort de ces derniers ne s’améliorera qu’à la marge. Car la logique du profit est contradictoire avec celle du bien-être animal. Une mesure qui améliore le confort de l’animal/objet de consommation entraîne le plus souvent une perte de bénéfice pour son producteur. L’industrie agro-alimentaire ne tient compte de la sensibilité des bêtes que parce qu’elle y est légalement contrainte, et le commerce des animaux de compagnie n’est guère plus glorieux : les animaleries sont gérées en fonction de ce même souci de rendement, ce qui génère la multiplication des triches et des trafics. Par conséquent, l’enfer que nous infligeons aux animaux ne cessera que lorsque leur commerce sera interdit. Pas avant.


    Cela implique, évidemment, que l’on cesse par exemple de manger de la viande. Ce jour viendra tôt ou tard, mais cela prendra du temps. Que faire alors d’ici là ? Se croiser les doigts ? Non, car il est d’ores et déjà possible de dépoussiérer une législation obsolète et incohérente. Ainsi, selon qu’il est domestique, apprivoisé, tenu en captivité, sauvage, de compagnie, espèce protégée ou nuisible, un animal ne bénéficie pas des mêmes protections : sa sensibilité et son intelligence n’ont pas la même valeur.


    En outre, un représentant d’une même espèce, selon le contexte dans lequel on le place, jouit d’un droit à l’existence très variable. Prenez un chien par exemple. Chien de compagnie, avec un maître. Chien errant, qui finira dans un refuge, puis euthanasié. Chien de laboratoire, utilisé pour des expériences. La capacité à ressentir l’angoisse, la douleur ou la joie est la même pour ce chien dans chacune de ces circonstances. Son « intérêt à vivre », pour reprendre le concept cher au philosophe Peter Singer, aussi. Pourtant nous décrétons pour cet animal, dans chacun de ces cas, un droit à profiter de son existence qui diffère. 


    Aberration d’un autre genre : pourquoi est-il autorisé d’embrocher un taureau dans une arène en certaines régions de France, alors que ce spectacle barbare est interdit, à juste titre, sur le reste du territoire ?


    C’est un fait : les vérités éthologiques et biologiques attachées aux animaux que nous exploitons sont délibérément niées, sous-évaluées ou bafouées pour satisfaire aux enjeux économiques, voire culturels, dominants. Changer quelques mots dans le code civil ne changera hélas rien à cette réalité. En revanche, il est en effet urgent de songer à une refonte totale du statut juridique de l’animal, pour lui accorder enfin un statut inaliénable, non-négociable au gré des circonstances.

    mardi 3 décembre 2013

    Compte-Rendu de la conférence foie gras du 3 décembre 2013

    Une trentaine de personnes, aussi bien étudiantes que non-étudiantes, ont participé à la première conférence / débat organisée par Sentience mardi 3 décembre 2013. Elle a commencé à 18h30 et s'est terminée vers 20h30. 

    La présentation a été réalisée par Brigitte Gothière de l'association L214. Vous pouvez télécharger le diaporama en PDF.

    Le film diffusé peut être vu via vimeo, ici :


    Foie gras : le gavage en question - (enquête) from Antonin Chiswick on Vimeo.


    Tract : Es-tu bête ?


     Lire 




    mardi 19 novembre 2013

    Conférence / Débat sur le foie gras

    Animée par Brigitte Gothière de l'association L214.

    A l'approche des fêtes de fin d'année, le volume des messages publicitaires vantant le foie gras augmente. Vu comme un « mets de choix », célébrant le « partage », qu'il soit artisanal ou industriel, le foie gras cache pourtant des secrets de fabrication peu reluisants. Nous vous invitons à découvrir l'envers du décor. En nous appuyant sur des enquêtes filmées et sur les actualités récentes, nous vous proposons de débattre de cette question de société : faut-il interdire le gavage ?


    Mardi 3 décembre 2013 à 18h30
    Événement facebook

    Salle D101, 

    à l'Université Lyon 2, 
    Campus Berges du Rhône 16, Quai Claude Bernard, 
    69007 Lyon 


    Notre compte facebook

    mercredi 13 novembre 2013

    Vidéos dans les abattoirs

    La capacité à ressentir la souffrance est une notion centrale en éthique animale.

    De manière générale, les images en abattoir sont difficiles à obtenir. En effet, ces lieux sont quasiment impénétrables (même pour un-e journaliste - CF le documentaire Une vie de cochon).

    Nous vous proposons quelques vidéos qui vous permettront de vous faire une idée sur ce que l'industrie de la viande ne souhaite pas montrer.



    France - Abattoir Charal - Bovins - 2009 - Association L214





    USA - Poisson - 2011 - Association Mercy for animals




    France - Poulet - Association L214

    Voici 2 scènes d'abattage, l'une est réalisée suivant l'abattage rituel musulman réalisé sans étourdissement préalable, c'est à dire oiseaux abattus en pleine conscience, le standard est réalisé avec étourdissement préalable des animaux. Une différence flagrante dans la réaction des oiseaux.


    Halal non halal par L214-halal-pas-halal


    France - Poules pondeuses - 2009 - Association L214





    France  - Lapins - 2007 - Association L214





    France - Bovins - 2007 - Association L214

    mercredi 6 novembre 2013

    Vitamine B12

    Qu'est-ce que la vitamine B12 ? A quoi sert-elle ?

    La vitamine B12 est une vitamine synthétisée par des bactéries. Elle est synthétisée industriellement par fermentation (1). L'alimentation des animaux élevés pour la viande, le lait et les oeufs est dans la majorité des cas enrichie en vitamines, dont la vitamine B12 qui se retrouve ensuite dans les produits animaux (viande, produits laitiers, oeufs...) (2).

    Elle rentre en jeu dans le fonctionnement du système nerveux : synthèse de neuromédiateurs, de la gaine de myéline... Elle joue aussi un rôle dans la synthèse de l'ADN et sa régulation, la synthèse d'acide gras ainsi que des globules rouges et la production d'énergie.
    Les symptômes de la carence en B12 se caractérisent par une homocystéine élevée, une anémie pernicieuse, des troubles neurologiques...

    Une carence même asymptomatique augmente les risques de maladies cardiovasculaires et neurologiques.


    Qui doit se supplémenter en vitamine B12 ?

    Les alimentations végétariennes permettent de couvrir les apports en vitamine B12 à condition de consommer des quantités importantes d'oeufs et de laitages.

    On peut lire sur divers sites ou entendre de la part des fabricants que les algues (nori, wakame, spiruline) contiennent de la vitamine B12. Or, elles ne contiennent pas de B12 assimilable par le corps humain : ce sont des analogues de B12 qui n'ont pas la même action. Comme l'alimentation végétalienne ne contient aucun aliment d'origine animale (qui eux contiennent de la B12 assimilable), les végétaliens doivent se supplémenter en B12 eux-mêmes.

    Notons, que la vitamine B12 peut se trouver dans des produits industriels enrichies en B12 comme par exemple certaines céréales du matin, des jus de fruits, etc... Ceux-ci sont cependant rares en France. Ainsi, pour couvrir ses apports, il faut se supplémenter et cela dès que l'on devient végétalien. Notons également que dans le cadre d'une alimentation végétarienne pauvre en oeufs et lait, il est également plus prudent de se supplémenter en B12.

    Vous pouvez acheter de la vitamine B12 et autres compléments en pharmacie sans ordonnance ou sur des sites véganes comme par exemple Un monde vegan.com. Son coût est modique : il revient à environ à 0,08€ par jour (prix d'un comprimé de VEG1). Pour qu'elle soit mieux assimilée, la vitamine B12 doit être pris pendant les repas.

    Note pour les étudiants étrangers :
    dans les pays d'où vous venez, il est possible que les produits que vous utilisez habituellement soient enrichies en vitamine B12. Par exemple en Irlande, le lait de soja est généralement enrichi en vitamine B12, calcium et vitamine D. Or en France, il n'y a à l'heure actuelle aucun lait de soja enrichie en B12. Il est possible d'en trouver enrichie en calcium et vitamine D (dans les magasins bio ou en supermarchés : marque distributeur, sojasun...). Durant votre séjour en France, veillez ainsi à vous supplémenter en vitamine B12.


    Apport conseillé



    Les données qui suivent sont issues du document de synthèse sur la B12 édité par la Société végane (3):



    « D’un pays à l’autre, les recommandations nationales d’apport en B12 varient beaucoup. Aux États-Unis, les recommandations préconisent une consommation de 2,4 μg par jour pour un adulte normal, allant jusqu’à 2,8 μg pour les femmes enceintes. En Allemagne, ces recommandations sont de 3 μg par jour. Pour les très faibles quantités de B12 qui sont contenues dans les aliments, le taux d’absorption est typiquement de 50 %. Les apports recommandés sont donc généralement calculés sur la base d’une absorption de 50 %. Par conséquent, il faudrait atteindre une moyenne d’absorption de 1,5 μg de B12 par jour pour correspondre aux recommandations allemandes et états-uniennes. Cette dose absorbée est faible mais elle devrait permettre à la plupart des individus d’éviter les premiers symptômes d’un apport insuffisant. Ces symptômes sont l’élévation des niveaux d’homocystéine et d’acide méthylmalonique (AMM). L’élévation du niveau d’homocystéine dans le sang, aussi faible soit-elle, est associée à l’augmentation de nombreux risques pour la santé, dont les maladies cardio-vasculaires chez l’adulte, la prééclampsie au cours de la grossesse et la malformation du tube neural des bébés. »
    « Lorsqu’on avale 1 μg de B12, l’absorption est de 50 %, mais si l’on en prend 1000 μg (1 mg) ou plus d’un seul coup, l’absorption chute à 0,5 %. Par conséquent, plus les prises sont espacées, plus leur dose élevée doit compenser cette chute d’absorption afin que l’organisme dispose bien de la quantité adéquate. »


    En conséquence, les recommandations de la Société végane concernant les posologies sont les suivantes : 
    1. Manger deux à trois fois par jour des produits enrichis afin d'obtenir au moins 3 microgrammes (μg) de B12. [Attention ! On trouve très peu de produits enrichis en France.]
    2. Prendre un supplément qui fournit 10 microgrammes quotidiennement.
    3. Prendre un supplément hebdomadaire qui fournit 2000 microgrammes.
     Il n'a pas été observé d'effet indésirable à la prise de vitamine B12 sur le long terme (4).


    Dosage du taux de vitamine B12

    « La mesure de la vitamine B12 contenue dans le sang est une analyse particulièrement peu fiable pour les véganes [végétaliens], surtout lorsqu’ils consomment des algues (sous n’importe quelle forme). Les algues, ainsi que d’autres plantes, contiennent des analogues de la B12 (fausse B12), que les analyses sanguines comptabilisent comme de la B12. Rappelons qu’en plus de fausser les analyses, ces analogues interfèrent de façon négative dans le métabolisme de la B12. Par ailleurs, les comptages sanguins ne sont pas fiables pour les véganes. En effet, lorsqu’une anémie est imputable à une carence en vitamine B12, un taux de folate élevé masque les symptômes qu’un comptage sanguin est censé détecter. L’analyse sanguine du taux d’homocystéine est bien plus fiable. Il est souhaitable que la concentration d’homocystéine soit inférieure à 10 μmol/litre. Enfin, le niveau de vitamine B12 est plus spécifiquement donné par l’analyse de l’acide méthylmalonique (AMM). Si la concentration d’acide méthylmalonique est inférieure à 370 nmol/litre de sang, votre corps a suffisamment de vitamine B12. De même, lorsqu’on teste les urines, le niveau d’acide méthylmalonique doit être inférieur à 4 mg/mg de créatinine. »

    Références : 
    1. Cf. GMO Compass : « It may be assumed (...) that vitamin B12 is manufactured as a rule with the aid of genetically modified microorganisms. »
    2. Les animaux-emballages par David Olivier, 2012 
    3. Recommandations de la Société végane sur la vitamine B12. Disponibles à https://dl.dropboxusercontent.com/u/40648100/Ce_que_tout_vegane_doit_savoir_sur_la_vitamine_B12.pdf
    4. Recommandations nutritionnelles des Pays-Bas, Centre de nutrition, encyclopédie, Vitamine B12 : http://www.voedingscentrum.nl/encyclopedie/vitamine-b12.aspx





    Autres sources :

    http://www.veganhealth.org/articles/vitaminb12