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  • jeudi 31 octobre 2013

    Homards ébouillantés - ass-ahimsa.net

    Les homards peuvent vivre plus d’un siècle et ont une vie sociale complexe. Leur système nerveux sophistiqué les rend sensibles à la douleur : les nœuds neuraux sont dispersés sur tout le corps et ne sont pas centralisés dans le cerveau, ce qui signifie qu’ils sont condamnés à souffrir jusqu’à ce que leur système nerveux soit complètement détruit. Séparer la moelle épinière et le cerveau en coupant l’animal en deux fait même sentir la douleur à chacune des parties encore vivante ! De plus, le homard ne dispose pas du mécanisme dont disposent par contre les humains (entre autres), qui fait qu’en cas de douleur extrême, le choc intervient pour court-circuiter la sensation. Or, d’après le Dr Robb, de l’Université de Bristol, un homard plongé directement dans l’eau bouillante reste vivant quelques quarante secondes - quarante secondes de souffrance. Placé dans de l’eau froide portée à ébullition, il peut survivre pendant cinq minutes. Tué par la méthode industrielle qui consiste à l’immerger tout simplement dans de l’eau douce, il agonise pendant deux heures...

    De leur capture jusqu’à la fin de leurs misères, ils doivent aussi endurer une privation quasi totale de mouvements pendant des semaines dans de minuscules cages métalliques dans les entrepôts, dans les aéroports, puis dans les chambres frigorifiques, puis dans les aquariums, les grands magasins et les restaurants. Par facilité, mais aussi pour éviter qu’ils ne salissent leur cage de leurs déjections, on les laisse jeûner pendant tout ce temps ; pour cette raison, de crainte que, affamés, ils ne s’en prennent les uns aux autres, on les laisse tout ce temps avec les pinces liées avec un ruban adhésif.

    Plus de 80 millions de homards vivent ce calvaire chaque année de par le monde.

    Source: (infos Gaïa, et S. O’Neil, Courrier international, n°474, et C. Gericke, Tierrechte n°22, nov. 2002)

    Si les poissons pouvaient hurler - Peter Singer 13/09/2010

    Peter Singer, Professor of Bioethics at Princeton University and Laureate Professor at the University of Melbourne, is one of the world’s most prominent ethicists. Since becoming widely known for his 1975 book Animal Liberation, a seminal contribution to the animal-rights movement, he has been at the forefront of public debates on abortion, euthanasia, genetic engineering, and “collateral damage” on the battlefield, among other ethical issues. Time magazine lists him as one of the world’s 100 most influential people.

    PRINCETON – Mon père m’emmenait régulièrement en promenade lorsque j’étais enfant, souvent le long d’une rivière ou au bord de la mer. Nous croisions parfois des pêcheurs accrochés à leur ligne au bout de laquelle se débâtait un poisson. J’ai même vu une fois un homme sortir un petit poisson de son seau et l’accrocher à l’hameçon encore vivant pour servir d’appât.

    A une autre occasion, lorsque nos pas nous menaient au bord d’un ruisseau tranquille, j’ai vu un homme qui observait sa ligne, apparemment en paix avec le monde, alors qu’à ses côtés, des poissons récemment pêchés se débattaient désespérément dans un seau, le souffle coupé. Mon père m’avait alors dit qu’il ne comprenait pas que l’on puisse apprécier de sortir des poissons de l’eau et de les voir mourir lentement.

    Ces souvenirs d’enfance me sont revenus en mémoire à la lecture de Worse things happen at sea: the welfare of wild-caught fish (Les pires choses arrivent en mer : du bien-être des poissons sauvages, ndt), un rapport décisif publié le mois dernier sur le site fishcount.org.uk. On a fini par admettre un peu partout dans le monde que si des animaux doivent être tués afin d’être consommés, ils devraient l’être sans souffrance. La réglementation sur l’abattage des animaux exige généralement que les bêtes soient endormies avant d’être abattues, ou que la mort soit instantanée, ou, dans le cas d’abattages rituels, que l’abattage soit aussi proche que possible de l’instantané en fonction de ce qu’autorisent les doctrines religieuses.

    Pas pour les poissons. Il n’y a aucune obligation d’humanité concernant la pêche et l’abattage de poisons sauvages en mer, ni en ce qui concerne les poissons d’élevage dans la plupart des cas. Les poissons pris dans les filets des chalutiers sont balancés à bord du bateau où on les laisse suffoquer. Empaler un appât vivant sur un hameçon est une pratique commerciale commune : la pêche à longue ligne traînante, par exemple, utilise des centaines, et même des milliers d’hameçons sur une ligne unique dont la longueur peut atteindre de 50 à 100 kilomètres. Lorsque les poissons se prennent à l’appât, ils peuvent rester accrochés ainsi des heures durant avant que la ligne de pêche ne soit ramenée.

    La pêche commerciale dépend de même fréquemment de filets maillants – des murs de filets au maillage étroit dans lesquels les poissons se retrouvent piégés. Leurs ouïes comprimées par le maillage, ils ne peuvent respirer et suffoquent dans les filets où ils peuvent rester coincés pendant des heures avant qu’ils ne soient ramenés à bord.

    La révélation la plus marquante de ce rapport, cependant, est le nombre impressionnant de poissons qui se voient infliger une telle mort par les hommes. En prenant les tonnages rapportés des différentes espèces de poissons pêchés et en divisant cette somme par le poids moyen estimé de chaque espèce, l’auteure du rapport, Alison Mood, a rassemblé ce qui pourrait être la première estimation systématique de la capture globale annuelle de poissons sauvages. Ce chiffre, a-t-elle calculé, serait de l’ordre d’un trillion, mais pourrait atteindre les 2,7 trillions.

    Afin de mettre ces chiffres en perspective, l’Organisation des Nations Unies pour l’Alimentation et l’Agriculture a estimé que 60 milliards d’animaux sont tués chaque année pour la consommation humaine – l’équivalent approximativement de neuf animaux pour chaque être humain sur la planète. Si nous prenons l’estimation la plus basse de Mood d’un trillion, le chiffre pour les poissons est de 150. Cela 1 n’inclut pas les milliards de poissons pêchés illégalement ni les poissons pêchés accidentellement et 2 rejetés, ni ceux accrochés à des hameçons comme appâts vivants.

    Nombre de ces poissons sont indirectement consommés – réduits en poudre et donnés en alimentation aux volailles ou aux poissons dans les fermes d’élevage industriel. Une ferme d’élevage de saumon classique utilise 3 à 4 kilogrammes de poissons sauvages pour chaque kilogramme de saumon produit.

    Admettons que toute cette pêche soit soutenable, bien que, évidemment, elle ne le soit pas. Il serait alors rassurant de croire qu’un massacre d’une telle ampleur n’aurait pas d’importance puisque les poissons ne ressentent pas la douleur. Mais le système nerveux des poissons est suffisamment similaire à celui des oiseaux ou à celui des mammifères pour indiquer qu’ils ressentent effectivement cette douleur. Lorsque le poisson fait l’expérience de quelque chose qui entrainerait une douleur physique chez d’autres animaux, il se comporte d’une manière qui suggère la douleur, une attitude qui peut durer plusieurs heures. (La soi- disant mémoire courte des poissons est un mythe.) Les poissons apprennent à éviter les expériences désagréables, comme les chocs électriques. Et les analgésiques réduisent les symptômes de la douleur qu’ils ressentiraient sans cela.

    Victoria Braithwaite, professeure de pêcherie et de biologie à la Pennsylvania State University, a passé probablement plus de temps à enquêter sur cette question que n’importe quel autre scientifique. Son dernier ouvrage Les poissons ressent-ils la douleur ? (Do Fish Feel Pain?) démontre que les poissons non seulement ressentent la douleur, mais sont aussi bien plus intelligents qu’on ne le pense. L’année dernière, un panel de scientifiques de l’Union Européenne a conclu qu’une prépondérance de données permet d’affirmer que les poissons ressentent effectivement la douleur.

    Pourquoi les poissons sont-ils les victimes oubliées de nos assiettes ? Est-ce parce qu’ils ont le sang froid et sont couverts d’écailles? Est-ce parce qu’ils ne peuvent exprimer leur douleur? Quelle que soit l’explication, les évidences s’accumulent désormais sur le fait que la pêche commerciale inflige une douleur et une souffrance inimaginables. Nous devons apprendre à capturer et à abattre les poissons sauvages humainement – ou, si cela s’avérait impossible, trouver des alternatives moins cruelles et plus soutenables de les consommer.

    mercredi 30 octobre 2013

    Sélection de livres

    Voici notre sélection de livres (philosophie, droit, enquêtes et rapports...).


    L'égalité animale expliquée aux humain-e-s
    par Peter Singer 
    Téléchargez gratuitement ou Achetez
    (disponible en prêt à la bibliothèque de Lyon 2)

    http://boutique.l214.com/images/grandes/livre-egalite-expliquee.jpg










     









    L'éthique animale 
     (disponible à la bibliothèque de Lyon 2)




















    La libération animale par Peter Singer 
    (disponible à la bibliothèque de Lyon 2)




    Les droits des animaux par Tom Regan
    (disponible à la bibliothèque de Lyon 2)


    Faut-il manger les animaux ?
    Jonathan Safran Foer
    (disponible en prêt à la bibliothèque de Lyon 2)
    http://boutique.l214.com/images/grandes/livre-faut-il-manger-les-animaux.jpg 


















    NO STEAK par Aymeric Caron
    (disponible en prêt à la bibliothèque de Lyon 2)


    Ces bêtes qu'on abat
    Journal d'un enquêteur dans les abattoirs français 
    couverture du livre Ces bêtes qu'on abat 








     

    lundi 28 octobre 2013

    Questionnaire alimentation

    L'association souhaite connaître les habitudes alimentaires des étudiants sur les campus (Lyon et Saint Etienne). C'est pourquoi elle a mis en place un questionnaire de 20 questions dont le temps estimé pour répondre est de 3 minutes ! A noter que les réponses sont anonymes et qu'il n'est pas nécessaire d'être usager du CROUS pour répondre.
    Les informations récoltées seront utilisées dans une perspective d'amélioration des services de restauration universitaire (en terme d'accessibilité, de choix, d'information...). Notre association rencontrera le responsable de la restauration CROUS du Rhône et de la Loire pour lui faire part des résultats ainsi que de la pétition pour un sandwich végane.

    Merci à tous pour votre participation !

    Pour faciliter la diffusion, voici un lien court : http://tinyurl.com/ppz8quw

    Si vous souhaitez agir pour un CROUS plus responsable, contactez-nous (asso.sentience(at)gmail.com) !

    Intelligence des animaux


    Sur les capacités cognitives des animaux

    Les animaux pensent-ils ?

    Au Japon, des corbeaux utilisent la circulation des voitures pour casser leur nourriture à coque comme les noix... Et attendent que le trafic s'arrête pour aller manger ce qu'il y a à l'intérieur.





    Cochon

    Vache

    Dauphin

    Chien



    Intelligence chez la pieuvre



    Fabrication d'outils




    Langage

    Koko le gorille qui parle

    Peut on décrypter les langages des animaux ?


    Alex, le perroquet qui parle


    samedi 12 octobre 2013

    Déclaration de Cambridge sur la conscience

    Nous vous livrons ci-dessous la traduction de l'importante Déclaration de Cambridge sur la conscience par laquelle d'éminents chercheurs réévaluent l'expérience consciente et les comportements des animaux non humains. Vous pouvez retrouver les enregistrements vidéos et une présentation des différents scientifiques signataires sur le site internet fcmconference.org.

    Traduction française réalisée par François Tharaud, issue du site Les Cahiers antispécistes.

    La Déclaration de Cambridge sur la conscience a été rédigée par Philip Low et révisée par Jaak Panksepp, Diana Reiss, David Edelman, Bruno Van Swinderen, Philip Low et Christof Koch. La Déclaration a été proclamée publiquement à Cambridge (Royaume-Uni) le 7 juillet 2012 lors de la Francis Crick Memorial Conference on Consciousness in Human and non-Human Animals, au Churchill College de l’Université de Cambridge, par Low, Edelman, et Koch. La Déclaration a été signée par les participants à ce colloque le soir-même, en présence de Stephen Hawking, dans la Salle Balfour de l’Hôtel du Vin de Cambridge. La cérémonie de signature a été filmée par CBS 60 Minutes. 
    [Le texte explicatif ci-dessus figure à la fin de la déclaration dans l’original anglais]
    Aujourd’hui, le 7 juillet 2012, un groupe d’éminents chercheurs en neurosciences cognitives, neuropharmacologie, neurophysiologie, neuroanatomie et neurosciences computationnelles se sont réunis à l’Université de Cambridge pour réévaluer les substrats neurobiologiques de l’expérience consciente et des comportements afférents chez les animaux humains et non-humains. Bien que la recherche comparative sur ce sujet soit naturellement entravée par l’incapacité des animaux non-humains, et souvent humains, à communiquer facilement et clairement leurs états internes, les faits suivants peuvent êtres affirmés sans équivoque :
    • Le champ des recherches sur la conscience évolue rapidement. Un grand nombre de nouvelles techniques et stratégies de recherche sur les sujets humains et non-humains a été développé. Par conséquent, de plus en plus de données sont disponibles, ce qui nécessite une réévaluation régulière des conceptions régnantes dans ce domaine. Les études sur les animaux non-humains ont montré que des circuits cérébraux homologues corrélés avec l’expérience et la perception conscientes peuvent être facilités et perturbés de manière sélective pour déterminer s’ils sont réellement indispensables à ces expériences. De plus, chez les humains, de nouvelles techniques non-invasives sont disponibles pour examiner les corrélats de la conscience.
    • Les substrats cérébraux des émotions ne semblent pas restreints aux structures corticales. En réalité, les réseaux de neurones sous-corticaux excités lors d’états affectifs chez les humains sont également d’une importance critique pour l’apparition de comportements émotifs chez les animaux. L’excitation artificielle des mêmes régions cérébrales engendre les comportements et les ressentis correspondants chez les animaux humains et non-humains. Partout où, dans le cerveau, on suscite des comportements émotifs instinctifs chez les animaux non-humains, bon nombre des comportements qui s’ensuivent sont cohérents avec l’expérience de sentiments, y compris les états internes qui constituent des récompenses et des punitions. La stimulation profonde de ces systèmes chez les humains peut aussi engendrer des états affectifs similaires. Les systèmes associés à l’affect sont concentrés dans des régions sous-corticales dans lesquelles les homologies cérébrales sont nombreuses. Les jeunes animaux humains et non-humains sans néocortex possèdent néanmoins ces fonctions mentales/cérébrales. De plus, les circuits neuronaux nécessaires aux états comportementaux/électro-physiologiques de vigilance, de sommeil et de prise de décision semblent être apparus dans l’évolution dès la multiplication des espèces d’invertébrés ; en effet, on les observe chez les insectes et les mollusques céphalopodes (par exemple les pieuvres).
    • Les oiseaux semblent représenter, par leur comportement, leur neurophysiologie et leur neuroanatomie, un cas frappant d’évolution parallèle de la conscience. On a pu observer, de manière particulièrement spectaculaire, des preuves de niveaux de conscience quasi-humains chez les perroquets gris du Gabon. Les réseaux cérébraux émotionnels et les microcircuits cognitifs des mammifères et des oiseaux semblent présenter beaucoup plus d’homologies qu’on ne le pensait jusqu’à présent. De plus, on a découvert que certaines espèces d’oiseaux présentaient des cycles de sommeil semblables à ceux des mammifères, y compris le sommeil paradoxal, et, comme cela a été démontré dans le cas des diamants mandarins, des schémas neurophysiologiques qu’on croyait impossibles sans un néocortex mammalien. Il a été démontré que les pies, en particulier, présentaient des similitudes frappantes avec les humains, les grands singes, les dauphins et les éléphants, lors d’études de reconnaissance de soi dans un miroir.
    • Chez les humains, l’effet de certains hallucinogènes semble associé à la perturbation du feedforward et du feedback dans le cortex. Des interventions pharmacologiques chez des animaux non-humains à l’aide de composés connus pour affecter le comportement conscient chez les humains peuvent entraîner des perturbations similaires chez les animaux non-humains. Chez les humains, il existe des données qui suggèrent que la conscience est corrélée à l’activité corticale, ce qui n’exclut pas d’éventuelles contributions issues du traitement sous-cortical ou cortical précoce, comme dans le cas de la conscience visuelle. Les preuves d’émotions provenant de réseaux sous-corticaux homologues chez les animaux humains et non-humains nous amènent à conclure à l’existence de qualia affectifs primitifs partagés au cours de l’évolution.
    Nous faisons la déclaration suivante : « L’absence de néocortex ne semble pas empêcher un organisme d’éprouver des états affectifs. Des données convergentes indiquent que les animaux non-humains possèdent les substrats neuroanatomiques, neurochimiques et neurophysiologiques des états conscients, ainsi que la capacité de se livrer à des comportements intentionnels. Par conséquent, la force des preuves nous amène à conclure que les humains ne sont pas seuls à posséder les substrats neurologiques de la conscience. Des animaux non-humains, notamment l’ensemble des mammifères et des oiseaux ainsi que de nombreuses autres espèces telles que les pieuvres, possèdent également ces substrats neurologiques. »